Rentrée 2026 : au lycée Arago, le ministre de l’Éducation mise sur la culture face aux écrans

Publié le 28 août 2026 par Fil info culture

Edouard Geffray au Lycée Arago à Paris / Photo Fil info culture

 

Mardi 25 août, dans la cour du lycée Arago à Paris, le ministre de l’Éducation nationale, Edouard GEFFRAY, a présenté les grandes orientations de la rentrée 2026.

Parmi les quatre priorités qu’il s’est fixées (instruire, protéger, unir et prévoir), un fil rouge se dégage : renforcer le niveau des élèves, la maîtrise du langage et la culture générale, tout en luttant contre les effets des écrans et de l’intelligence artificielle.

Le choix du lycée Arago n’était pas anodin. Situé dans le XIIe arrondissement, cet établissement incarne l’héritage de l’école républicaine, né sous l’impulsion de Victor Duruy et développé sous la IIIe République. Symbole d’une école « marchant sur ses deux jambes », les sciences et les lettres, il a formé des scientifiques, mais aussi le célèbre grammairien Édouard Bled.

Le langage, arme contre les inégalités et l’IA

Pour Édouard Geffray, la maîtrise de la langue est un levier essentiel de l’égalité scolaire. À six ans, un enfant issu d’un milieu défavorisé peut accuser jusqu’à deux ans de retard dans la diversification de son vocabulaire par rapport à un enfant favorisé. Les nouveaux programmes fixent donc un objectif ambitieux : 2 500 mots maîtrisés à la fin de l’école maternelle.

Le ministre va plus loin : selon lui, ceux qui sauront s’exprimer avec précision pourront dominer l’IA, tandis que les autres risquent d’en subir passivement les effets. Une vision qui lie directement l’éducation linguistique aux enjeux technologiques de demain.

Lecture et excellence : vers une culture partagée

Le ministère mise aussi sur la lecture approfondie. L’opération « Cet été, je lis ! » offre ainsi à chaque élève de CM2 un exemplaire des Métamorphoses d’Ovide avant son entrée au collège. En 5e, le programme de français intègre désormais l’étude de quatre œuvres complètes, complétées par trois autres en lecture cursive. L’objectif ? Développer une pensée complexe, bien au-delà des simples exercices à trous.

Autre nouveauté : la création d’un concours général des collèges, avec une épreuve dédiée au français et à la culture générale. Les candidats devront rédiger un texte long en mobilisant leurs connaissances. Pour garantir la mixité, chaque établissement devra inscrire autant de filles que de garçons. Les lauréats seront récompensés dans chaque académie, de Rennes à Mayotte, afin que l’excellence ne reste pas cantonnée à quelques établissements parisiens.

Téléphone portable : une interdiction, mais pas seulement

À partir de cette rentrée, le téléphone portable sera interdit au lycée, dans la continuité du dispositif « portable en pause » déjà déployé au collège. Édouard Geffray justifie cette mesure par le temps consacré aux écrans par les adolescents : ils y passeraient en moyenne 4 h 40 par jour. Le ministre décrit cette situation comme une « urgence sanitaire ».

Mais le ministre ne veut pas se contenter d’interdire. Un plan d’action pour l’éducation artistique et culturelle sera présenté à la mi-septembre, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Rencontres avec des chercheurs, visites de musées ou de laboratoires… L’idée est d’offrir aux élèves des alternatives concrètes aux écrans.

Histoire et mémoire : un devoir pour tous

À partir de cette année, les établissements scolaires généraliseront la commémoration du 11 novembre, ou du premier jour ouvrable le plus proche, pour les élèves à partir du CM1. Une mesure qui prend un sens particulier au lycée Arago, où une stèle rend hommage aux anciens élèves morts pour la France. Pour Édouard Geffray, l’école doit transmettre ce qui « ne s’apprend pas tout seul » : l’histoire et la construction d’un récit commun.

Une rentrée sous le signe de la culture et de l’ambition

La rentrée 2026 s’articule autour d’une conviction : donner aux élèves les clés pour comprendre le monde. Que ce soit par la maîtrise du langage, la lecture, l’exigence scolaire ou la limitation des écrans, chaque mesure vise à renforcer les apprentissages et à préparer les jeunes à l’ère du numérique. Une rentrée placée davantage sous le signe de la continuité que d’une nouvelle grande réforme : le ministre entend surtout poursuivre les chantiers déjà engagés et fixer un cap pour l’année scolaire à venir.

Pour en savoir plus : https://www.education.gouv.fr/cap-sur-l-annee-scolaire-2026-2027-505438

 

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