Le nouveau Musée mémoriel du Lot à ouvert ses portes le 18 juin 2026
Par Fil Info Culture le 26 août 2026

Crédit photo MML-Cahors (1)_© Charlotte Leroy _ Direction_patrimoine_Ville_Grand Cahors
Huit ans après la fermeture de l’ancien musée de la Résistance, de la Déportation et de la Libération du Lot, la mémoire reprend place au cœur de la cité cadurcienne. Le 18 juin, date symbolique de l’Appel du général de Gaulle, la Ville de Cahors et le Département du Lot ont inauguré le nouveau Musée mémoriel du Lot, installé au sein du complexe cinématographique Le Grand Palais, place Bessières.
Pensé comme un équipement culturel moderne et accessible, ce musée de 350 m² entend retracer plus de quatre-vingts ans d’histoire à travers le prisme du territoire lotois. Son parcours permanent couvre les conflits de 1870 à nos jours, avec une attention particulière portée à la Seconde Guerre mondiale, à la Résistance et à la Déportation.
Fondée en 1992 par d’anciens résistants et déportés, l’association du musée avait constitué au fil des années une collection exceptionnelle de plus de 1 800 objets. La fermeture de l’établissement en 2018, rendue nécessaire par le réaménagement de la place Bessières, a permis un vaste chantier d’inventaire, de conservation et de valorisation des collections.
La nouvelle scénographie privilégie une approche immersive et pédagogique. Objets emblématiques, archives, témoignages audiovisuels, extraits de films et dispositifs numériques interactifs se répondent dans un parcours conçu pour tous les publics. Près de 110 pièces sont exposées, parmi lesquelles des tickets de rationnement, un chemisier confectionné dans une toile de parachute ou encore une valise émetteur-récepteur utilisée pendant la guerre.
Au-delà des collections, le musée revendique une mission citoyenne. Face à la disparition progressive des derniers témoins directs des conflits, l’établissement développera une offre de médiation ambitieuse à destination des scolaires. Ateliers, visites guidées, parcours mémoriels, projections et accompagnement au Concours national de la Résistance et de la Déportation doivent permettre de transmettre l’histoire tout en sensibilisant les jeunes générations aux valeurs républicaines.
Le parcours met également en lumière plusieurs spécificités du Lot souvent méconnues : l’engagement des Mobiles du Lot lors de la guerre de 1870, la figure de Léon Gambetta, né à Cahors, le rôle des hôpitaux lotois décorés de la Médaille de la Résistance française, l’accueil d’artistes et d’intellectuels durant l’Occupation ou encore l’aventure pacifiste de « Cahors Mundi », qui fit de la ville l’une des premières « cités citoyennes du monde » après la Seconde Guerre mondiale.
Le projet représente un investissement de près de 1,1 million d’euros, financé principalement par la Ville de Cahors, avec le soutien de l’État, du Département du Lot et du Grand Cahors.
Une première exposition temporaire sera consacrée au peintre Charles Goldstein, survivant de la Shoah, dont l’œuvre témoigne inlassablement de la mémoire des victimes de la persécution nazie.
Avec ce nouvel équipement, Cahors se dote d’un lieu de transmission à la fois patrimonial, historique et civique, destiné à faire vivre la mémoire des engagements et des sacrifices qui ont marqué le Lot et la France.
